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Histoire de l'art

Histoire de l'art
Le corps

 Conférencier Karim Ghaddab
Critique d'art. Membre de l'AICA,  Association internationale des critiques d'art, collaborateur de diverses revues spécialisées dont "Art press" et enseignant en histoire et théorie des arts à l'École supérieure d'art et de design de Saint-Étienne (depuis 2007). C’est sa sixième saison à la MJC Héritan.

« Depuis les origines de l’art, un sujet est récurrent : le corps. À toutes les époques, selon toutes les techniques, dans tous les mouvements artistiques, le corps a été représenté, peint, sculpté, photographié, mis en scène… Souvent idéalisé, parfois torturé, il constitue le prisme premier où s’incarnent tous les programmes esthétiques. Parce qu’il est aussi notre nature commune, son image nous implique plus que n’importe quelle autre et suscite des réactions exacerbées. C’est cet éventail d’émotions esthétiques que nous déploierons cette année. »                                                    
Karim GHADDAB

Pratique : Mardi 14h30 et 18h30 - Tarif à la séance 15€

30 septembre : Le surréalisme
" Comme chacun sait, le surréalisme s'est attaché à l'exploration et l'exploitation artistique de l'inconscient et des processus psychiques. Mais cette réflexion s'articule sur une conception particulière du corps. Les œuvres de Giorgio De Chirico, Victor Brauner, Max Ernst,  Hans Bellmer, René Magritte ou Salvador Dali témoignent d'une conception particulière du corps, entre image et processus organique "

14 octobre : Le corps photographié
Au sein même du surréalisme, mais aussi avant et après, le corps a été un sujet d'investigation privilégié par de nombreux photographes : Man Ray, Brassaï, Boiffard, Sandler, Coplans, Witkin, Sherman, Serrano, etc. Quel rapport au corps entretient un art qui, contrairement à la peinture et la sculpture, repose sur une prétention technique à reproduire le "réel" et, d'autre part, est dépourvu de chair et n'a pas plus d'épaisseur qu'une feuille de papier ?

 

 

 

4 novembre : l'hyperréalisme : trop vrai pour être beau ?
La peinture et la sculpture hyperréalistes représentent des cas de figure très particuliers, essentiellement nord-américain. Les questions traditionnellement liées à l'art s'y jouent à nouveaux frais : la ressemblance, l'imitation, la copie, l'illusion, la technique, etc. Les œuvres de Duane Hanson, John De Andrea, Ron Mueck, Vija Celmins, Chuck Close, Hucleux, Gérard Schlosser, Gerhard Richter, etc. entretiennent un lien étroit avec la photographie et, plus largement, le réel.

 

 

 

 

25 novembre : La sculpture d'Elmar Trenkalder
Elmar Trenkwalder est un artiste contemporain autrichien, né en 1959. Il a participé à de nombreuses expositions prestigieuses et son œuvre jouit d'une reconnaissance internationale. Protagoniste phare d'une réévaluation de la pratique de la céramique, il mixe des images et des références de provenances diverses, depuis les civilisations antiques jusqu'à l'art brut, en passant par le surréalisme. "Je me sens comme une  sorte “d’aspirateur” des images et des émotions du monde. Je transforme ces images et ces émotions, comme dans le travail du rêve".

 

16 décembre : L'art dans les chapelles
Chaque été depuis vingt-trois ans, L'art dans les chapelles invite une vingtaine d'artistes à créer une œuvre spécifique pour investir l'une des chapelles de la vallée du Blavet, dans le Morbihan. Ces chapelles sont toujours consacrées et la présence (voire la prégnance) conjointe de l'iconographie chrétienne, de données architecturales et techniques fortes et du contexte rural incitent les artistes à concevoir des interventions souvent remarquables, ambitieuses et très singulières. C'est un jalon incontournable de toute réflexion sur la rencontre entre art contemporain et patrimoine.

27 janvier : Images et fonctions du corps chez Wim Delvoye
Le corps est l'un des éléments au cœur de l'œuvre de Wim Delvoye. Artiste belge, né en 1965, son œuvre témoigne d'une grande diversité (sculptures, vitraux, vidéos…), d'une complexité rare et d'une grande cohérence. Qu'il tatoue des cochons ou conçoive un automate qui reproduit les fonctions digestives, dans la lignée des créatures artificielles utopiques du XVIIIe siècle, Wilm Delvoye fait coexister provocation et éblouissement formel.

 

 

 

17 février : Rubens
Que ce soit à travers des thèmes mythologiques, des sujets religions ou une imagerie profane, la peinture de Pierre-Paul Rubens (1577-1640) fait une grande place au traitement des corps. Nus et contournés ou comme caparaçonnés dans des costumes d'époque, le corps apparaît comme le pivot et le noyau incandescent de cette peinture.

 

 

 

 

 


24 mars : Le corps supplicié 1 : la passion du Christ
La Passion du Christ est un thème iconographique qui retient les artistes depuis le moyen-âge et demeure l'une des sources de l'art occidental. Il s'y manifeste une conception du corps souffrant propre à la théologie catholique, mais aussi une réflexion formelle aiguë : comment représenter encore une chose qui a déjà été représentée une infinité de fois et dont l'iconographie est rigoureusement fixée par le texte biblique et la tradition ? Ce sera l'occasion de voir comment certains des plus grands artistes ont répondu à ces questions (Fra Angelico, Le Caravage, Grünewald, Brueghel, Pontormo, Raphaël…).


14 avril : Le corps supplicié 2 : une passion contemporaine
Ce qui se jouait dans l'imagerie de la Passion du Christ s'est détourné, dans nos sociétés largement sécularisées, sur des représentations profanes. De nombreux artistes contemporains travaillent sur une esthétique de l'extrême, selon l'expression de Paul Ardenne, où se côtoient cadavres, représentations sexuelles et réflexions sur la bioéthique. Cela nous amènera à nous questionner sur les critères et les limites de ce qui est admissible en art. Séance à déconseiller aux âmes sensibles !.

 

 

 

 

12 mai : Le corps magnifié de chez Bonnard
Membre du groupe des Nabis (Maurice Denis, Sérusier, Vallotton, Vuillard, etc.), Pierre Bonnard (1867-1947) fut essentiellement un peintre postimpressionniste, attentif aux jeux de lumière et aux effets fugitifs. Néanmoins, son intérêt jamais démenti pour le nu et le portrait - notamment ceux de son épouse, Marthe — révèle une conception du corps qui pourrait être à rebours du transitoire et de l'éphémère.